Une fin presque parfaite
Voici donc la fin de cette trilogie « presque parfaite » co-écrite par Maki et Nicolas Desmarets. Episodes précédents : Un ami presque parfait de Maki, Le meurtre presque parfait de Nicolas Desmarets.
Il n’était pas bête M. Seguin ! Les villageois avaient coutume d’associer la stupidité au métier de fermier. Il avait la ferme intention de mettre fin à ces calomnies, en résolvant le mystère du meurtre de la jolie Ludivine. Il connaissait bien Alexandre car il venait se faire de l’argent de poche en travaillant pour la ferme. Et, aux hasards de ses pensées, il s’est souvenu qu’il avait l’hématophobie, ou plus simplement c’tait une mauviette du sang…
Une fois ses esprits recouvrés, il se rendit à la gendarmerie afin de témoigner en faveur du jeune Alex. Il le vit dans un piteux état. Son séjour en garde à vue ne l’avait pas épargné physiquement, et la mort de sa tendre Ludivine l’avait anéanti moralement. Deux questions demeuraient dans l’esprit du fermier : Qui donc était le vrai tueur ? Quelle était sa prochaine victime ?
La seule personne pouvant répondre à Seguin était bien sûr le tueur lui-même… A l’heure où ce vieux bougre faisait libérer celui qui faisait un coupable idéal et, du même coup, une couverture parfaite, lui, le vrai meurtrier, reprenait sa planque pour surveiller les faits et gestes de Marie W.
Cette méthode irréprochable lui avait toujours permis de s’infiltrer au meilleur instant dans les demeures de ses belles et jeunes célibataires. Il se rappela d’ailleurs de la fois où il avait vu Stéphanie G. se pointer dans son appartement en compagnie d’un bel étalon. Il était si furieux qu’il avait failli tout gâcher en se rendant directement dans la chambre pour les massacrer tous les deux. Jamais une de ses victimes n’avaient osé le trahir à ce point. Elles étaient sensées n’appartenir qu’à lui… et à lui seul ! Il les possédait, sans même qu’elles s’en rendent compte.
Toutefois il n’était pas mécontent d’en arriver à la fin de sa liste. Près de 3 ans de traque et d’espionnage l’avait épuisé. Son œuvre allait bientôt s’achever, enfin, dans le sang et la bonne odeur. Quel bonheur !
« Bon ! Revenons à nos moutons » se dit-il, conscient que la moindre inattention pourrait le conduire à l’échec. Le calme, la précision seraient ses meilleurs atouts face à celle qui s’avérait être la plus coriace du lot. En effet, il avait étudié toute sa biographie et il en ressortait que Marie prenait régulièrement des cours de taekwondo au centre sportif David Douillet d’Angers. Il avait eu l’occasion de l’observer durant ses entraînements et avait pu remarquer qu’elle se débrouillait plutôt bien. Mais, ce soir, sous l’effet de la surprise, elle devrait perdre tous ses moyens. Et si elle venait à se débattre, cela mettrait un peu de piment à son acte. Toutes les autres poupées l’avaient laissé agir sans se débattre ou si peu. Quelle mollesse ! On aurait dit qu’elles n’avaient aucune envie de survivre…
Marie rentrait tard. Vers environ 23h30. C’était sans doute cette heure tardive qui l’avait poussée à prendre ces cours d’autodéfense. Elle était serveuse dans une petite crêperie en plein centre-ville d’Angers. Plusieurs fois le tueur était allé y manger. La cuisine était modeste mais Marie très sympathique. Un joli p’tit cul qui faisait oublier tout le reste… sauf bien sûr l’envie de la posséder.
Ce n’était vraiment pas le moment de se laisser distraire. Que lui arrivait-il ce soir ? Marie n’allait plus tarder, sa montre indiquait 23h24.
Elle arriva à 23h49. Son patron l’avait peut-être retenu pour lui faire quelques remarques sévères sur sa façon de s’habiller ou sa manière de se déhancher. Ou alors peut-être qu’elle avait fait la rencontre d’un jeune homme beau et séduisant dans son restaurant… Cette pensée le fit enrager.
Alors que Marie rentrait tout juste dans sa petite (mais confortable) maison de la périphérie angevine, il sortit de la voiture et courut pour y entrer à son tour. Il ne s’était jamais conduit ainsi, mais ce soir, il sentait que rien n’était comme d’habitude. Ce soir, ses pulsions prenaient le dessus mais peu importait. Il voulait savoir si Marie l’avait trompé. Et si tel était le cas, elle allait payer cette petite salope !
Marie avait laissé toutes les lumières éteintes, mais ça n’avait pas d’importance. Il était déjà entré dans cette maison. Plusieurs fois même. Tellement souvent en fait qu’il finissait par la connaître pas cœur. Comme celles de toutes ses victimes passées ou futures d’ailleurs.
La jeune femme avait filé directement à la douche. Elle ne s’aperçut pas qu’un homme déchaîné avait pénétré dans son habitation. Il en profita pour se rincer l’œil car Marie n’avait pas fermé à clefs. Se croyant seule, elle n’avait aucune raison de craindre l’intrusion de quiconque ici. C’était du moins ce qu’il pensa.
Décidément, les formes généreuses de la belle ne calmèrent pas son excitation ! Et bien au contraire. Alors il agit comme jamais il ne l’avait fait auparavant. Il attaqua à visage découvert.
Pendant qu’elle entamait un air gai en sifflotant sous l’eau chaude et relaxante après une dure journée de travail, il écarta le rideau de la douche. La réaction fut immédiate. Le cri lui perça les tympans. Toutefois, et comme il s’y était attendu, aucune réaction violente de sa part ne fut observée. Payer 250€ les leçons pour apprendre à se défendre, et ne pas être capable de s’en servir… De l’argent jeté par les fenêtres ! Enfin, il n’allait pas s’en plaindre, cela facilitait grandement les choses.
Il l’immobilisa vite fait bien fait dans la baignoire. En le voyant se déshabiller, elle écarquilla ses grands yeux verts pleins d’épouvantes et poussa de nouveau une longue plainte déchirante.
Pendant ce temps, un autre homme s’introduisait dans la maison et se faufilait jusqu’à la salle de bains, avec cependant plus de mal que son prédécesseur.
Pour sa première entrée dans la demeure, il essayait de suivre minutieusement le plan que la belle lui avait dessiné sur le bras lors de sa venue à son restaurant ce soir là. Il tentait d’éclairer tant bien que mal le petit dessin à la lueur de son portable. La coquine avait eu envie qu’il la rejoigne directement dans la douche, et pour compliqué un peu la tâche et que son amant mérite sa récompense, elle lui avait demandé de la trouver dans le noir complet. Il prenait donc son temps pour ne pas se cogner dans les meubles et ainsi avertir sa chère Marie de son arrivée. Il voulait lui faire la surprise.
Mais quand il l’entendit hurler, son instant de maître des arts martiaux se réveilla. Il courut habillement jusqu’à la salle de bains et découvrit un inconnu couché sur elle, en train… Mon dieu ! En train de la violer ! Il se jeta à corps perdu sur cet individu des plus immondes. Qui osait toucher à Marie, alors que leur histoire commençait tout juste ? Ce salop n’avait pas le droit de lui faire de mal. Il ne voulait pas la perdre !
Il ne lui fallu guère plus de 2 minutes pour le mettre K.O. Marie, très choquée était resté debout à fixer la scène, enveloppée dans son peignoir.
Une demi-heure plus tard, une voiture de police et un camion de pompiers arrivèrent au domicile de Marie. L’homme qui l’avait violée avoua fièrement qu’il était le meurtrier des 22 jeunes filles retrouvées mortes dans la région sans qu’on en retrouve l’assassin.
Le lendemain, la nouvelle, et par la même occasion Marie, faisait la Une des journaux. Ludivine était dans la rubrique nécrologique. Aux Faits divers, on pouvait voir M. Seguin qui déplorait la mort de six de ses chèvres dévorées par un loup errant. Sur la photo, il embrassait la survivante, Blanquette. « Tout est bien qui finit bien » concluait un policier.
Marie et son sauveur vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Le premier demeurait l’emprunte d’une triste agression…
Une fin presque parfaite…
Un texte de Maki & Nicolas Desmarets. Tous droits réservés.
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