Un ami presque parfait
Ludivine se réveilla en sursaut. Comme chaque nuit depuis 2 mois déjà, elle venait de faire un de ses cauchemars peuplés de cadavres putréfiés, recouverts de sang séché.
Soudain, seule dans sa chambre baignée par l’obscurité, elle crut percevoir un bruit de pas au rez-de-chaussée. Comment était-ce possible ? Il n’y avait personne dans la maison. A l’heure qu’il était, ses parents devaient être en train de faire la fête sous le soleil de Rio de Janeiro. Rien que d’y penser, cela lui laissait un goût amer.
Ce pouvait-il qu’un quelconque individu est pu s’introduire dans la villa ?
Déjà pétrifiée par les restes cuisants de son rêve, Ludivine n’osait pas faire un mouvement.
Elle se rassura un peu en se disant que, de toutes façons, si cet inconnu tentait d’entrer dans sa chambre, elle entendrait la porte grincer. Si cela arrivait, alors…mieux valait ne pas y penser pour l’instant. Elle improviserait. Mais c’était sans compter la dextérité sans faille de cet intrus anonyme. Elle ne s’aperçut même pas qu’il avait réussi à pénétrer dans sa chambre, son îlot d’intimité.
Les bruits venants du rez-de-chaussée avaient cessé, songea-t-elle. Elle avait dû les imaginer, comme cela lui arrivait souvent ces derniers temps. Du moins, c’était ce qu’elle pensait à chaque fois…
Nouveau tressaillement, nouveau frisson.
Mais cette fois, ce n’était que son portable qui venait de vibrer. Elle soupçonnait ce pervers d’Alexandre d’être l’auteur de ce texto tardif. Au moment où elle saisissait son portable, la lueur bleutée projetée par celui-ci lui fit entrevoir une silhouette sombre, tapie à coté de la porte.
Dans un élan de courage, elle dirigea son bras vers l’interrupteur. Au moment où elle allait l’actionner, une main ferme s’empara de son poignet. Un frisson lui parcouru la gorge. Un objet froid et coupant était en train de se promener le long de son cou si fragile, si vulnérable. Une simple pression de la part de celui qui la tenait, et sa vie s’achèverait ainsi, alors que sa famille s’amusait à des milliers de kilomètres de là. Quelle injustice… Elle n’osait pas bouger…
A cet instant, elle n’aurait jamais imaginé que ce type relâcherait son étreinte. Mais à peine eut-elle le temps de se sentir soulagée, que son assaillant s’empressait déjà de la menotter à son lit. Le pire était à venir. Elle savait ce qui l’attendait. L’homme l’a déshabilla en déchirant sa nuisette de soie rouge. Elle aurait préféré être morte que de subir cet acte infâme. Comment faisait-il pour être si précis dans ce noir complet ? Elle entendit la braguette de son futur violeur se baisser. Tout au contraire d’elle, lui semblait très excité. Elle tenta de lui donner des coups de pieds, mais il lui écarta les cuisses, et commença à la violer. Quelques interminables minutes plus tard, ce salop avait terminé de prendre son pied. Qu’avait-elle fait pour mériter ça. Elle ne le saurait jamais.
Sans un mot, son bourreau lui trancha la gorge. Le sang gicla, alla se perdre le long de sa poitrine. Cette vision, son assassin l’avait tant de fois imaginée mais là…c’était mieux que dans ses rêves les plus fous.
Il se laissa aller à quelques caresses sur sa peau écarlate et humide puis s’arrêta soudain. Les morts, ce n’était pas son truc. Il aimait tuer, ôter la vie, mais paradoxalement, à chaque fois, il ne supportait pas la vision de ces corps déchiquetés. L’heure était venue de se retirer de la scène du crime.
Il hésita, puis, de sa main gantée, saisit le portable de la fille. « 1 nouveau message d’Alexandre ».
Lire.
« Cc Ludi ! je pense à toi ce soir, comme chaque soir avant de me coucher ! T trop belle ! GspR que tu changera vite davi sur moi ! je ne veux ke ton bonheur ! gros bisous ».
Cet Alexandre ferait un tueur idéal.
Répondre.
« slt alex ! je commence à me rendre comte ke t un mec sympa ! vien chez moi ce soir si tu veu, j’ai laissé la porte d’entrer ouverte ! a tt de suite GspR. Bisous »
Voilà, c’était parfait ! Ce petit con allait se ramener d’ici quelques minutes. Il laisserait ses empreintes partout.
Le tueur roula très vite jusqu’à la ville voisine. Là il trouva une cabine téléphonique et s’empara du combiné. Il composa calmement le 17. « J’ai entendu des cris au 12, avenue du Général de Gaulles à Saint-Louis-sur-Mer » puis il raccrocha. Un appel de 6 secondes ne pourrait pas être localisé.
Histoire d’être tout à fait sûr que tout c’était passé comme il le voulait, il roula tranquillement en direction de St Louis, et repassa devant le lieu où, 15 minutes plus tôt, il égorgeait cette pauvre fille. Il vit les flics embarquer celui qui devait être Alexandre. Le sourire aux lèvres, il s’arrêta quelques rues plus loin. Il consulta sa liste, raya le nom de Ludivine V.
Marie W., me voilà !
Un texte de Maki. Tous droits réservés.
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